C’est peut-être le cas. Qu’arrive t-il au cerveau lorsque l’on croit assister à la mort de son amoureux devant ses yeux? Et qu’on essaie d’oublier que c’est arrivé, effacer la douleur et les dernières volonté, effacer les images, effacer la terreur.
Peut-être que c’est à ce moment que mon esprit à cessé de fonctionner. Disjoncté.
Ou c’est quand j’ai constaté l‘ampleur de mes dettes et mon incapacité à m’en sortir.
Ou quand je comprend que tout ce qui est beau se détruit, de fait détruire, meurt, se fane, se flétrit, disparait, se tache, se gâche et s’use.
Ou quand on en a trop marre de faire ce qu’on fait, tous les jours, répéter les mêmes ennuis.
Je ne sais pas. Les diagnostics sont superflus.
Hier, j’ai du renouveler mon assurance-vie.
Par conséquent, désigner un bénéficiaire.
Toujours un moment de vérité.
Toujours la réalisation d’être seule au monde.
Je ne signerais pas mon testament, ou assurance-vie, du nom de mon amoureux.
Tout est toujours trop tellement sujet à changement subit.
Et mon historique ne confirme pas la permanence de mes relations.
Alors je pense. Je pense.
Je regarde et cherche un nom, à signer, au bas du formulaire.
La formulaire : il demande « relation avec cette personne »
Pas mère, père, frère, mari.
Il reste : cousins? Tantes? Oncles?
J’opte pour « Amie »
Elle est ma famille, ma permanence.
Et ne me tueras pas pour 26 000$
Le montant de ma vie.
Ce que ma vie vaux pour une compagnie d’assurance.
L’homme
Il touche, sans cesse, comme un besoin vital de respirer par contact transdermal. Il masse, malaxe, presse, caresse, effleure, pince la peau, les muscles dessous. Même les os. Masse les pieds fatigués, les chevilles, les jambes, les mains, le cou, le dos, la tête et tout ce qui ne se masse même pas à priori. Parce qu’il aime le contact de sa peau. La chaleur qui se transmet ainsi, être conscient du bien qu’il lui procure. Parce que ça la rend heureuse et que ce fait même le rend, lui, heureux. Cause / effet
Il la fait rire, sourire, lui-même souriant, ouvert, réceptif, capable de rire de lui-même, de tout dédramatiser, de prendre les choses laides et les rendre belles. Il sait aussi pleurer, s’émouvoir, compatir, se confier. Ses larmes sont aussi franches que son rire.
Il a cette capacité à rendre une femme heureuse. Parce qu’Il donne de lui le meilleur, parce qu’il est suffisamment hypocrite pour camoufler ses failles, les horreurs auxquelles il pense, les méfaits et trahisons. Il désire, plus que tout, plaire, peu importe le prix. Lui plaire. Qu’elle le trouve beau, qu’elle trouve qu’il sente bon. Qu’il soit terre d’asile, accueillant et chaud, propre et doux, imprégné des effluves de sa peau chaude, mêlées à celle d’un parfum qui lui ressemble. Il désire être désirable.
Il cache des minis chocolats dans son sac à main, dans ses tiroirs, dans son lunch, dans les poches de son manteau. Des chocolats et des petits mots écrits pour elle.
Il la trouve belle, celle qu’il a choisi. Quand elle se lève, quand elle est fripée et bouffie, toute barbouillée de sommeil. Quand elle rit, qu’elle sourit. Qu’elle a la fièvre. Et quand elle se fait belle, il la regarde avec ce désir violent qui lui éclate les pupilles, l’écume aux lèvres, le compliment d’un regard félin rempli de désir. Il la trouve belle et lui fait comprendre, lui verbalise, lui signifie. Elle est belle à ses yeux. Et ça encore, ça la rend heureuse, sécure, confiante. Elle se sent belle, désirée, aimée, donc heureuse.
Il sait qu’elle est folle, comme les sont toutes les femmes. Il le sait bien et s’en amuse. Il sourit et rien n’est grave. Il écoute et lui donne raison. Même si elle a parfois tort. Il sait qu’il ne faut pas contredire les filles folles. Juste les aimer et accepter leurs lubies. Consentir. Accepter. Leur folie est, après tout, douce si on n’intervient pas, si on ne confronte pas. Une mignonne folle que la femme qu’il aime. Simplement.
Il est reconnaissant qu’elle l’ait choisi. Il s’émerveille d’être l’élu. Celui qu’elle aime. Celui qui la rend heureuse. Il se dit parfois même qu’il est chanceux.
Et il sait que lorsqu’on traite une femme comme une reine, la reine descend de son trône en perdant ses airs supérieurs. Il sait que ce n’est pas en imposant, en écrasant que l’on empoche les fruits. La reine saura toujours faire preuve de gratitude.
Il est imparfait aussi, car il a les défauts de ses qualités. Malheureusement. Autant il a le pouvoir de la rendre heureuse, autant il peut la détruire. Autant il a une nature souriante, autant par hypocrisie il cachera sa colère, son impatience, sa frustration. Autant il possède le désir de plaisir, autant il est probable qu’il désire plaire à tous, à toutes.
Mon homme idéal n’existe pas. Il existe en partie. Tous les hommes ont leurs qualités, leurs défauts. Leur capacité à me rendre heureuse varie. Seulement en vieillissant, je deviens de plus en plus intransigeante. À mon grand malheur.
Je m’organise. Je planifie. Je gère.
Je suis résolument de plus en plus adulte.
Ce mot, adulte, a cessé d’être si péjoratif.
Je l’apprivoise. Ne m’en formalise plus
Je développe une certaine assurance en mes possibilités.
Mes expériences, mon bagage, mon apprentissage.
Je réalise maintenant qu’il peut être transmis. Qu’il peut servir à d’autres.
Le partage de savoir.
Avant, j’étais dangereusement avare de mon savoir.
Je l’ai acquis toute seule, j’ai travaillé fort pour l’obtenir
Je refusais obstinément de le partager. Il était mien
Précieux et à moi seule.
Plus maintenant. Je comprends maintenant le pouvoir qu’il a
La valeur qu’il a. Ce qu’il peut apporter aux autres.
Garder égoïstement les connaissances ne fait plus aucun sens.
Et que finalement, j’Ai autant à apprendre de mes proches que ce que je peux leur apporter.
Un partage équitable.
Suffit d’écouter. Suffit de bien vouloir. Suffit de parler.
Lorsqu’on m’offre quelque chose, peu importe si c’est un demi-biscuit, de vieux vêtement, des trucs que l’on jetterait autrement à la poubelle ou peu importe, je suis touchée, émue et heureuse. Je souris, rougis, refuse, trépigne et remercie de nombreuses fois, en regardant dans les yeux, en partageant mon émotion. J’aime donner tout autant que recevoir. Et donner en retour. Et partager.
Voila pourquoi je conçoit mal qu’on puisse offrir une chose à une personne et que celle-ci marmonne un « merci » sonnant comme « whatever », sans sourire ni sembler se sentir choyée.
J’ai une gratitude énorme. Je n’oublie jamais les actes de générosité. Ils restent ancrés en mémoire pour toujours.
J’emprunte, chaque matin, un sentir asphalté longeant le chemin de fer. Ce matin, sous le soleil, j’ai changé ma trajectoire d’un mètre vers la gauche. Marché dix minutes dans l’herbe courte, au son du chant continu des grillons et criquets, sous le soleil de fin d’été. Le bonheur, c’est presque ça. Sauf qu’il aurait fallu que je puisse m’arrêter et lire mon livre, assise dans l’herbe, sous le soleil. Le bonheur, c’est peut-être seulement ça : du soleil, de l’herbe et du temps devant soi.
Ce matin, mon amoureux est parti travailler. Je me suis levée tôt.
J'ai teint mes cheveux, joué à RockBand seule dans mon lit.
Je suis sortie me chercher un café que j'ai siroté dans les allées d'un Dollarama, m'achetant de petits trucs dont j'ai besoin, d'autres dont je n'ai pas besoin.
Des perles de verre pour me bricoler un collier. De l'encens de piètre qualité.
Je me suis ensuite acheté une baguette et un fromage. Puis une gâterie: des cerises de terre.
J'ai fait des trucs aussi très moche comme ramasser du vomi de chat par terre. Laver le derrière d'un chat ayant eu la diarrhée. Sortir d'un placard un sac de pomme de terres oublié qui, avec le temps et la chaleur, s'était littéralement liquéfié.
Il n'est pas encore midi.
La faune est si différente les jours de semaine. Je marche dans les ruelles, humant les fleurs et contemplant les jardins.
Qui sont ces gens qui ne travaillent pas? Des retraités, oui bien sur. Des femmes restant à a maison.
Des chômeurs?
Les jeunes ne sont pas encore debout, ils ne hantent pas les rues si tôt.
Je vais dévorer mon déjeuner. Me faire un collier.
Faire tout ce qui me plaît, et ne pas prononcer une parole avant le soir.
Les vacances sont silencieuse et délectables.
Je suis heureuse.
Une jupe-culotte.
La couture centrale de la fourche me rentre dans la chair, s’insert agressivement entre mes lèvres, m’entaille, me cisaille le sexe. Contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer, la sensation n’est pas agréable. Plutôt déplaisante même. La journée sera longue, à me tortiller sur ma chaise afin de me déprendre momentanément de l’étreinte forcée. Longue journée à la fin de laquelle, j’en ai bien peur, je serai totalement endolorie, forcée de me plier aux exigences d’un tissus malicieux..
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Je suis fébrile et impatiente ces jours-ci. Dans l’attente de ces maigres jours de vacance qui s’en viennent en prenant leur temps. La semaine de mon anniversaire en sera une de congé. Semaine prétexte à me faire plaisir et me gâter du mieux que je le peux. Ce qui se résumera sans doute à la routine habituelle de fin de semaine mais sur une période de 9 jours. Des films, de la nourriture, beaucoup d’alcool, et d’interminables sessions de copulation crue et mouillée, bruyante et dopante.
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AUTOPARODIE
AUTOHUMILIATION
AUTOCHARISME
AUTOSPANK
AUTOÉLITE
AUTOPHOSPHORESCENCE
AUTOFÉTISHISTE
AUTOGRENADE
AUTOMORSURE
AUTOCRAVACHE
AUTOPRIVATION
AUTOABSTINENCE
AUTOÉROTISME
AUTOAGACE
AUTOASPHYXIE
AUTOSTIMULATION
AUTOÉJACULATION
AUTOSALISSAGE
AUTOPOLISSAGE
AUTODÉGRADATION
AUTOFRICTION
AUTOORGASMIQUE
AUTOSATISFACTION
AUTOPUNISSION
Amour; Acte de confiance s’il en est un puisqu’on ne peut en vérifier la véracité. Ne peux le quantifier. Ne peux, somme toute, en déterminer la valeur, la force, le pouvoir et la durée.
J’aime comment il m’aime. J’aime son amour, qui n’est ni futile, ni volatile, ni emprisonnant, ni lourd à porter. Son amour me va bien, est taillé sur mesure.
Et me permet de subtilement de tisser le mien autour de lui, délicatement, prudemment.
Samedi dernier. Il faut tirer et pousser. Pousser fort au travers des portes. Et puis quand j’y suis, j’y brule de plaisir. Toy Company 4 était d’un ravissement ludique jouissif. L’homme que j’aime prend contrôle de mon corps autant dans l’intimité que sur un plancher de danse; je me soumets à son rythme, ne quitte pas ses bras. Partager la même expérience est un moment précieux. Être fière des gens que l’on choisi comme amis aussi. Impressionnée et ravie. Un luxe certes, des frais considérables se rattachant à tous ce qui implique nourriture, boissons ou divertissement dans un lieu public, mais je ne regrette nullement. Être jeune ne m’arrive pas si souvent…
La peur m’incite inévitablement au sabotage. Il me faut agir contre-nature pour les derniers jours précédent ma chirurgie sinon je ne me réveillerai jamais de l’anesthésie. Devoir éviter la fuite. Se préparer au choc, amortir par anticipation. Prévenir. La peur sait pertinemment quelle gagne toujours sur moi, sur ma volonté. Cette fois, c’est à mon tour de la narguer.
Je parle trop. Ceux qui n’ont n’y rôle ni prénom sont maintenant cités. Le crime de l’un, le rôle de l’autre, l’admission de mes fautes et les secrets de mes vengeances. C’est pour moi un signe clair de la fin d’une ère. Mes secrets ne m’appartiennent plus, je lui dit tout. Il saura un jour tout de moi, le mieux et le pire. Je lui dis tout sans censure. L’ouverture. La déchirure. Le ventre ouvert vers le ciel. Un jour, il saura tout de moi, et qui sait, peut-être m’aimera-t-il encore.
Si j’avais à devenir mère, je serais celle d’u n homme de 23 ans.
Est-ce que les attentes sont, par définition, irréalistes? Quoi qu’il en soit, le cynisme et la froideur sont remède et refuge pour tout exercice mental contraignant. La seule façon de ne pas s’écrouler est de faire abstraction. L’abstractionnisme, j’y excelle.
Hier, nous célébrions deux mois. Deux mois, cela semble si ridiculement peu. Ce temps un jour sera doublé puis quintuplé et puis deux mois nous semblera si loin, si peu.
Pour l’instant, je compte les jours, comme lorsqu’on cesse de fumer. Chaque jour est une étape franchie. Je l’aime avec tous les risques que cela suppose. Celui de m’autodétruire ou de partir en flammes. Le risque d’éclater, de fendre et d’exploser. La violence des sentiments. Un danger dont la saveur tente souvent trop.
Le coup de foudre pour un parfum très rare que je n’obtiendrai jamais. J’offrirais facilement 80$ à quiconque aurait une bouteille de Pinched with Four Aces à vendre mais je ne crois pas que l’occasion jamais se présente. Mais l’amour fou. Sans conteste. Et je viens de constater qu'une bouteille est déjà partie pour 202$US sur eBay, mieux vaux oublier tout de suite!
L’argent est un réel poison. Son manque intoxique autant que son abondance. S’efforce de tuer la pureté. Je combats, ne le laisserai pas gagner.
Hier j’ai bu à m’en dissoudre les organes. Ne me souviens que de peu de choses ce matin. Le cerveau atrophié, les organes en bouillie. Le sexe meurtri par des actes érotique dont je n‘ai que vague souvenance. L’alcool se mêlant à l’adrénaline, un dangereux mélange, imprévisible. Je me souviens qu’il faut que je me souvienne de quelque chose mais j’ai oublié quoi. Le tambour dans ma tête tape si fort (et la vision du petit garçon qui me fait si peur dans le film de Volker Schlöndorff). La colère de mes poumons est difficile à ignorer. Mais de quoi donc dois-je me souvenir? Je déteste oublier…
Je croise souvent cet homme sur mon chemin vers le travail. Il semble tout droit sorti d’un film de Miike. Toujours vêtu d’un complet noir étroit, chemise très près du corps, lunettes de soleil géantes couvrant la moitié de son visage. Il est d’un style rare et frappant, sérieux et mystérieux, se la jouant très film noir. Malgré son allure de sharply-dressed yakuza, il n’est probablement même pas asiatique. Latin probablement; Il pourrait aussi sortir d’un film de Rodriguez. Quoi qu’Il en soit, je le croise souvent et le dévisage toujours, comme on regarde les gens qui passent un temps fou à se styler pour qu’on les admire. Alors je le regarde.
Ce matin, contrairement à tous les autres jours, tous les autres matins, il ne portait pas ses immenses lunettes de soleil. Ni moi d’ailleurs. Et il m’a souri. Un grand sourire franc et amical. J’avoue avoir été prise au dépourvue. Je croyais fort en mon invisibilité. Alors la personne est sortie de son personnage pour un instant. Le film s’est adressé au spectateur. La magie tient à peu de choses.
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J’ai une soif insatiable de lui. Mais mon corps subit tant de stress que je ne peux lui offrir qu’une version affaiblie et défaillante de moi-même. Une carcasse pourrie et défectueuse, une fille fragile et abimée. Vouloir offrir le meilleur de ce que j’ai à offrir résulte parfois en un chaos indescriptible. J’ai appris ce que je savais déjà : tous autant que nous sommes, nous ne pouvons qu’aimer « à notre manière ». Il n’y a pas de règles universelles ou si peu. Il ne me sera jamais possible d’aimer différemment que cette façon chaotique et désorganisée, incohérente et fragmentée qui est mienne.
J’aime tout croche.
Je lui achète des t-shirts trop court car ne réalise pas encore qu’il est si grand. Je lui achète des t-shirts laids et prétentieux que je n’ose même pas lui offrir, de peur qu’il pense que je veux lui faire avoir l’air ridicule.
J’aime tout croche…
Mais j’aime
L’avenir me fait de moins en moins peur.
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Je dois travailler à redresser ma situation financière; j’ai tout les outils entre les mains. Je fais un salaire décent et stable, j’ai des colocataires, et je n’achète que peu de choses. Il semble improbable d’être si endettée. Tout l’argent que je gagne s’évapore dans la nourriture, l’alcool et les cigarettes. Je ne dépense pas pour des possessions matérielles inutiles. Oh, un peu de vêtements de temps en temps mais presqu’exclusivement des trucs usagés provenant friperies. Je n’ai pas placé de commande de BPAL depuis des mois. IL est absurde que je ne réussisse plus à sortir de mon endettement. Illogique même. Je ferai à partir de maintenant des efforts pour garder la trace de toutes mes transaction et exercerai plus de prudence, de discernement et de modération. J’ai envie de pouvoir mettre quelques dollars de côté afin de pouvoir respirer plus librement. L’argent est un mal nécessaire qu’il me faut apprivoiser maintenant.
Oh, Juste pour vous donner une idée et EXCLUANT le cout du loyer:
les entrailles colériques me testent, endurance et patience,
une montagne de billets de 20$ trouvés à l'épicerie, à mes pieds
que docilement je remets à la caissière car ne sont pas miens
mon amie qui radicalement change de vie et quitte la province sans pré-avis
mon cœur qui chavire d'amour éperdu
mon sang qui coule bouclant le dernier cycle de fertilité de ma vie
le stress qui fait sur moi de multiples tentatives de meurtre
ne pas être près de lui quand son sang à lui coule en écho au mien
peut-être suis-je celle qui ne prend que trop peu de risques
Épiphanie matinale.
Ce matin, j’ai compris quel était mon mandat, ma mission.
Laisser de côté mon envie constante d’être en sa présence afin de lui permettre de s’accomplir. La discipline de l’éloignement semi-volontaire.
Se refuser au confort langoureux de nos proximités
Construire une surface solide afin que l’on puisse y prendre appuie, éventuellement
Car pour l’instant, notre inertie signerait notre perte.
Un sacrifice, s’il en est un.
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Je me rappelle vivement du l’inquiétude de ma mère face à mon obsession pour Farrah lorsqu'enfant. Elle disait : « S’il faut qu’un jour elle meure… » Maintenant, je n’y porte plus trop d’intérêt. Sinon que je me demande à quel point un cancer de l’anus doit faire mal…
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Je suis déjà en manque de lui et voudrait égoïstement lui sommer de revenir, de laisser tomber « ce qu’il doit faire » et seulement venir m’embrasser et tout foutre en l’air. Jouir du présent quitte à saboter l’avenir rapproché.
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Je rêve encore et toujours de forêts, de lacs, de sable entre mes doigts de pieds, d’aiguilles de pin au sol et d’odeur de fougère les matins humides. Envie de pisser sur la mousse, derrière un gros arbre. Envie de faire l’amour dehors, les oiseaux enterrant mes cris sous le lourd bruissement des leurs. Envie de lui, de nous, de nature et de cet air qui fait mal aux poumons car trop pur.
Un être peu sociable, je suis. Un peu sauvage. Un peu recluse. Spécialement quand l’amour m’envahie, un réflexe d’isolement s’empare de moi. Lui et moi, hors du temps, de la réalité, du monde. Toutefois, ce faisant, je me prive parfois d’une chose merveilleuse; celle de rassembler, autour d’une table, les gens qui me sont cher.
Mercredi dernier, j’ai improvisé une petite rencontre avec ceux que j’aime. Un bonheur pur et simple, si simple, et pourtant trop rare.
J’ai découvert un visage qui, automatiquement, m’a donné une envie folle de créer. Un jeune homme aux yeux noirs, au visage pale, rempli d’angles et de mystère. Une lumière brillante émanant de lui. Je l’ai informé de mon soudain désir de le photographier, puis de le peindre. Bien que peu souvent je ne réussisse à mettre à terme mes projets, j’ai la ferme intention de le réaliser. Il ne faut pas laisser l’inspiration s’évanouir et s’user. Avec mon équipement fort peu professionnel et mon talent rudimentaire, je tenterai de rendre hommage aux choses pures qui s’accrochent sur ma rétine, quitte à ce que cet hommage soit maladroit et bancal.
Suis au bord de l’épuisement mais entrerai, dans quelques heures, dans une courte période de vacances de 5 jours. Il me faut n’avoir aucune attentes, apprécier le temps rempli de précieuse et inestimable liberté, juste être heureuse de n’avoir pas de « devoir » à accomplir. La liberté de mon temps et d’aimer librement, hors des horaires, sans contrainte.
Il me manque. 24 heures sans lui et le poids de son absence se fait sentir insidieusement. Le silence ne goute plus aussi délicieux et même si l’air est plus parfumé, son odeur me manque. Je ne définirais pas cet état comme dépendance mais un qualificatif similaire non-péjoratif. La douceur mêlée à la violence d’une passion, l’envie constante et irrépressible d’être à proximité.
J’égraine les heures. Interminable, je le sens, mais la récompense en bout de ligne sera bien méritée.
Ne reste qu’à souhaiter qu’un peu de soleil pour enrober le tout de bonheur soyeux et brulant.
Hier soir, nous n’avons pas bu, nous n’avons pas fumé.
Hier soir, j’ai mis deux Xanax dans la paume de ma main. Une pour moi et une pour lui.
Nous nous sommes étendus dans mon lit, dans l’humidité et le froid de ma chambre. Le froid de Juin.
Nous avons très peu parlé.
Nous avons gouté au silence en respirant le son des cœurs battant au ralenti.
La communion d’une fausse sobriété.
Et le sommeil sous la rassurante certitude que sa chaleur radiera à mes côté au réveil.
J’ai traversé ces derniers 13 mois de célibat de façon aussi chaotique que fluide. Une habitude qui ne se perd pas, même après un long cycle de monogamie en série. 13 mois me menant, en bout de ligne, vers une récompense inattendue, inespérée. Une personne avec qui faire équipe. « Partners in crime ». Bonnie & Clyde. Si je n’avais pas si peur que ça s’arrête soudainement, j’affirmerais que je suis heureuse. Amoureuse, sans aucun doute. Ce flottement surréel vertigineux. La peur du vide mais l’irrésistible envol.
De quoi ont été fait ces 13 derniers mois? Est-ce important maintenant? Plus vraiment. Le présent efface ou du moins dilue le passé. Tout pâlit. Le passé tel une anecdote inconséquente. Insignifiant. Voire même risible. On ne guéri pas un mal par sa source. Il fallait impérativement changer de poison.
J’ai un secret dont je n’ai plus besoin. Il ne me sert plus à rien de le retenir, de le protéger. Un jour bientôt, j’en ferai cadeau. Le remettre entre des mains qui ne sont pas miennes, m’en débarrasser, laisser à une autre [personne] le pouvoir. Reste à savoir qui en sera le nouveau détenteur; un secret nous fait toujours carier l’intérieur. Mais ce secret, notre secret, doit me quitter afin que je respire à nouveau librement.
J’ai un besoin vital de ces entraves à ma liberté qui me maintiennent en équilibre et m’empêchent de sombrer. Toutefois en ce moment, je suis en train d’en gommer les frontières. De flouer les angles et de brouiller les limites.
J’ai horriblement envie de ne parler que de lui. Mais je m’en empêche.
I love him and it’s all there is to know
Il me rappelle parfois le No-Face de Miyazaki dans Spirited Away.
Sa présence impose
Provoque le dérapage, pousse vers le vide
Chute libre sous l’impression qu’il sera présent à l’atterrissage
+
Il aime le son de mes pas, résonnant au rythme des clochettes d’une mariée Indienne
La mélopée de mes bracelets de verre qui tintent à mes poignets
Om Shanti Om
S’improviser hippy le temps d’un dimanche est un bonheur mésestimé.
+
Le tour de ma bouche taché de glace au chocolat
Des combats de Pikachu
Du Saint-André sur la montagne
Des flaques sur mes draps.
L’invitant sofa du Gainzbar
Une vente de garage dans un vrai garage
Mission Istanbul
Le chatouillement d’une barbe dans mon cou
Le week-end est un paradis précieux
+
Ma fertilité est une nuisance
Je désire en signé définitivement la fin
+
Il est si facile de succomber à la beauté
On reconnait un bon amant aux ongles longs de sa main gauche et très courts de sa main droite.
Je suis heureuse, amoureuse.
Facile comme respirer, le dire haut et fort, ne pas hésiter.
Facile et fluide, sans ambages
Je te le dis sans y penser…
Naturellement.
Mais lui, en sa présence, à proximité
Lui, ne peux savoir.
Tout inversé, incongru, à l’envers
Le contraire.
Jamais je n’arrive à agir en accord avec mes émotions.
Je donne de grands coups dans le sens inverse.
Me montre plaie, désagréable, abrupte et obtuse.
Coupante et décapante.
Pour ne pas qu’il se doute de quelque chose, vous savez?
Je cache mon amour sous une couverture épaisse de désagrément.
C’est pourquoi, en partie, mes relations tournent à l’échec :
J’acte comme si je vivais en permanence dans Bizarro World.
Une plaie n’est jamais plaisante.
Je souhaite en guérir.
